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mardi 20 mars 2007, par
S.A.R. le Ministre du Globe vient de tourner le dos, vraisemblablement pour de bon, à certains États de second intérêt.
La nouvelle a fait grand bruit dans la soirée d’hier. Et aujourd’hui encore, elle est accueillie avec des surprises diverses, quoique le plus souvent empreintes de satisfaction. Depuis des mois, la conduite des affaires diplomatiques d’Avaricum, largement axée sur les États locquetien et zollernois, ressemblait en effet davantage à un délicat équilibre sans cesse ébranlé, qu’à une collaboration à même de s’inscrire dans la durée. Et pour cause : si l’on peut concéder certains facteurs défavorables à l’instauration d’une union stable entre les puissances dûs au Saint-Empire – instauration d’une régence, changement de ministre au Globe, – c’est bel et bien le représentant locquetien, Grégoire de Venceslas, qui a provoqué la chute brutale de l’édifice bâti sur des mois de concessions et de débats. Fâché, en effet, de constater les spectaculaires avancées du Saint-Empire en territoire argenois – avancées, rappelons-le, dont le seul but est le rétablissement d’une souveraineté légitime sur l’île de Nôddia – le secrétaire d’État, par ailleurs ancien souverain soustrait à ses obligations, s’est fendu d’une attaque en règle contre les accords de Ll’Aquilla, établissant un cadre légal au protectorat avarois sur Argentorate. Quelle erreur ! Ces accords ont été signés par les deux parties concernées en toute légalité, et ne sauraient faire l’objet d’une annulation.
Dans ces conditions, il n’est plus pensable qu’Avaricum reste allié au Locquetas, comme il le fut autrefois, du temps des Gouvernements McManus, Carnac, puis Borr, et lorsque les affaires étrangères étaient encore l’apanage d’un ministre à proprement parler. Le rappel de l’ambassadeur avarois en poste à Khoryl, et l’annonce d’une prochaine abrogation du traité bilatéral semblent donc avoir sonné le glas pour les relations avec ce pays. Mais l’affaire ne s’arrête pas là : non contents d’assister à ces mascarades enfonçant un peu plus encore leur valet historique, les Zollernois ont eux-même fustigé les conquêtes de souveraineté menées par les armées de Sa Majesté et son nouveau bras armé, le maréchal-comte d’Entioche, semblant par là même oublier les divers heurts ayant secoué l’Archipel dans les régions de Norvas, de l’Hubanie, ou encore du Wasserland Occidental, et dont ils se rendirent eux-mêmes responsables… Ainsi de la remise en cause d’Yrusalem, d’Argentorate, et des possessions de la région de Syracus. Pour ces raisons, les ponts ont été coupés avec la Couronne grand-ducale, et la visite du régent, annulée – ce dont on semble se satisfaire en haut lieu, selon des collaborateurs du marquis de Vignecourt.
Trahi par des Nations considérées comme alliées, l’Empire devra désormais composer avec de nouveaux interlocuteurs. Néanmoins, il sort de ces épreuves plus grand et plus recouvert de gloire que jamais ; son intégrité légendaire ne paraît désormais plus à prouver ; et les piteuses nations du Nord devront, dans les faits, se passer à présent de leur principal atout diplomatique dans l’Archipel, la civilisation.
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